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Zahra (33 ans) et Bart (49 ans), chauffeurs de bus : « Chez Keolis, on peut être soi-même »

Le 17 mai, c'est la Journée internationale contre l'homophobie et la transphobie. Chez Keolis, c'est l'occasion idéale de donner la parole à quelques collègues pour qu'ils nous expliquent ce que cette journée signifie pour eux. Zahra Abidar (33 ans), originaire de Maasgouw aux Pays-Bas, et Bart Greunlinx (49 ans), originaire de Dilsen-Stokkem, sont tous deux chauffeurs de bus de ligne chez Keolis à Maaseik. Ils ont hérité de leur passion pour les transports dès leur plus jeune âge et sont tous deux ouverts sur leur orientation sexuelle. « Ici, chacun peut être tel qu’il est », affirment Zahra et Bart.

Zahra est aujourd’hui responsable de dépôt suppléante et travaille depuis déjà 10 ans chez Keolis à Maaseik, malgré son jeune âge. « Je suis fille d’un chauffeur routier. J’ai eu l’occasion d’accompagner mon père sur la route et j’ai toujours été attirée par ces gros véhicules. En début de carrière, j’ai travaillé quelque temps dans une usine, mais ce n’était pas mon truc. Ensuite, j’ai passé mon permis D, car je voulais être sur la route, mais j’avais envie d’avoir plus de contacts sociaux que mon père. C’est pourquoi j’ai délibérément choisi le bus. »

Cette jeune femme d’une trentaine d’années a commencé par un poste à temps partiel, mais elle a désormais un contrat à temps plein en tant que conductrice de bus de ligne. « Cela fait déjà 10 ans que je suis arrivée chez Keolis. A l’époque je m’affichais rebelle avec des piercings, mais cette image a changé entre temps », rit Zahra. « Je m’entends à merveille avec Dis, notre responsable de dépôt. Depuis un an et demi, je suis responsable de dépôt suppléante et j’assure régulièrement des permanences. Je veille ainsi à ce que nos équipes puissent partir à l’heure et que les véhicules soient en bon état. Les tâches sont très variées, mais c’est la conduite que je préfère. Je me sens vraiment à ma place ici et j’adore ce que je fais. »

Zahra & Bart Maaseik voor een lijnbus

Un bon encadrement

Bart a lui aussi une grande expérience en tant que chauffeur. Il a grandi avec les bus De Lijn, car son père était autrefois responsable du dépôt chez De Lijn. « Plus les véhicules sont grands, mieux c’est », dit Bart en riant. « Grâce à une journée d’information organisée par Keolis à Genk, je travaille depuis environ 3 ans comme chauffeur de ligne à Maaseik. Au début de ma carrière, j’ai été chauffeur de bus pendant 9 ans, puis de camion, avant de redevenir chauffeur de bus. Le transport, c’est vraiment une passion. »

Bart apprécie la diversité. « J’aime tout dans ce métier », explique-t-il. « Conduire et être sur la route, les collègues, le défi, les horaires irréguliers. Chaque jour est différent, même si l’on parcourt les mêmes lignes. »

Le métier de chauffeur de bus a aussi des côtés difficiles. « Depuis le Covid, les gens sont devenus plus pressés et moins aimables », déplore Zahra. « En tant que conductrice de bus, il est donc important de toujours rester professionnelle. En même temps, on vit aussi des moments très drôles. Souvent, je reçois des regards étranges de la part des automobilistes et je les vois penser : “Que fait cette petite fille au volant de ce gros bus ?” Ça me fait toujours rire, parce que leurs visages en disent long. »

Bart : « Même si le poste peut être exigeant, en tant que chauffeur de bus débutant, on bénéficie de nombreuses formations et d’un bon encadrement chez Keolis. On nous explique le fonctionnement des bus, et bien sûr, on effectue des repérages de ligne. On sait à qui s’adresser pour obtenir les informations nécessaires, et il y a des parrains-marraines qui nous suivent et nous aident quand c’est nécessaire. »

Zahra & Bart Maaseik in een lijnbus

Une ambiance de travail positive

L’ambiance entre collègues est bonne, ils peuvent clairement compter les uns sur les autres. Cette ouverture et cette ambiance de travail positive permettent également à Zahra et Bart de parler sans tabou de leur homosexualité, un sujet sur lequel on ne peut pas s’ouvrir partout.

« Je suis avec mon mari depuis 24 ans et nous sommes mariés depuis 16 ans », raconte Bart. « Je suis très ouvert sur mon orientation sexuelle, tout et tout le monde peut me poser toutes les questions qu’il souhaite. » 

Mais cela n’a pas toujours été le cas. « Quand j’avais 22 ans, ma mère est venue me voir. Je sentais qu’elle allait me poser une question sérieuse, j’avais à la fois des frissons et des bouffées de chaleur. Elle m’a demandé si j’étais attiré par les garçons. Quand j’ai répondu par l’affirmative, ma mère a pleuré un instant et m’a dit : « Si c’est comme ça, alors c’est comme ça ». Je ne l’ai dit à mon père que deux ans plus tard, car il est très traditionaliste. Quand je lui en ai parlé, après de longues hésitations, il s’est montré compréhensif lui aussi. Depuis, j’assume ouvertement mon homosexualité. Certains amis et membres de ma famille s’en doutaient déjà, mais cela n’allait pas de soi », explique Bart.

Un chauffeur marié à un passager

Il ne fait aucun doute que, en tant que chauffeur de bus, on met les gens en relation. C'est dans le bus que Bart a rencontré son mari. « J’étais déjà chauffeur de bus à l’époque. Un jeune homme montait régulièrement dans le bus en tant que passager. Je le trouvais bel homme. J’étais très timide à l’époque et je n’osais pas lui parler. Un jour, ce jeune homme a lui-même écrit son numéro de téléphone sur un bout de papier et l’a remis à un collègue pour qu’il me le transmette. Nous avons commencé à sortir ensemble et maintenant, nous sommes mariés et heureux », sourit Bart.

« J’avais 16 ans quand j’ai découvert que j’étais attirée par les filles », raconte Zahra. « Toutes les pièces du puzzle se sont mises en place. Dès la maternelle, j’embrassais déjà les filles sur la bouche, mais je pensais à l’époque que c’était amical. Adolescente, je trouvais certaines enseignantes jolies. Je m’habillais de manière masculine et je portais toujours une casquette. Quand une amie m’a dit : « Tu es lesbienne », je me suis mise en colère parce que je ne m’en rendais pas encore compte à l’époque. Finalement, c’était vrai et j’ai fait mon coming out. »

Un jeune homme montait régulièrement dans le bus en tant que passager. Je le trouvais bel homme. J’étais très timide à l’époque et je n’osais pas lui parler. Un jour, ce jeune homme a lui-même écrit son numéro de téléphone sur un bout de papier et l’a remis à un collègue pour qu’il me le transmette. Nous avons commencé à sortir ensemble et maintenant, nous sommes mariés et heureux !
Zahra & Bart Maaseik voor een lijnbus

Mariages heureux

Zahra a rencontré sa femme via une application de rencontre dans la période du Covid et est maintenant mariée depuis près d’un an. « J’ai quitté Maaseik il y a trois ans pour m’installer avec ma compagne aux Pays-Bas, à Maasbracht. Nous envisageons de retourner un jour vivre à Maaseik, mes origines. », dit-elle.

Bart : « Mon mari est très heureux avec moi, et moi avec lui. Nous n’avons pas d’enfants, ce que nous regrettons. Il faut dire que la législation concernant la procréation pour les couples homosexuels, ainsi que l’adoption et le placement familial, est très complexe. Les gens réagissent encore bizarrement quand deux hommes ont un enfant, surtout quand on devient parent à un âge plus avancé. »

« Je ne sais pas encore si je veux des enfants », dit Zahra. « Mais ma femme et moi sommes encore jeunes, nous avons encore le temps d’y réfléchir. »

La Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie (IDAHOT) a-t-elle une signification pour eux ? Oui et non. « Je trouve ça bien qu’elle existe, même si je ne la connaissais pas », avoue Zahra. « Je suis heureux comme que je suis », explique Bart. « Je trouve ça bien qu’une telle journée existe. Même si je trouve parfois qu’un événement comme la Gay Pride est trop extrême, certains vont trop loin. Vous ne me verrez pas là-bas. »

« En fait, le plus important, c’est que les collègues soient toujours là pour toi, en toutes circonstances », dit Zahra. « Même quand il s’agit de ta vie privée. Chacun peut être tel qu’il est, chacun est respecté. »

« On est effectivement accepté tel qu’on est ici », conclut Bart.